vendredi 4 novembre 2005
SPEEDY MATA de Franca Maï critique sur Arts Livres.com par Romain Salgari
Par franca maï, vendredi 4 novembre 2005 à 21:18 :: Presse SPEEDY MATA
Mata est ado et habite une cité en banlieue, ban à des lieues de son prestigieux lycée : elle tâche de cacher son jeu, ça ferait tache auprès de ses camarades plus favorisés. Mais elle a la rage, celle des écorchées vives : l’injustice en a fait une révoltée jusqu’au bout des ongles…
Les soirées branchées dans les domiciles de ses amis d’école saoulent Mata la féline, et pour cause : « ma mère peut trimer toute sa vie et s’écailler la santé, jamais ses pieds ne fouleront une demeure pareille. Elle peut tout juste prétendre à un pavillon tristounet, cloné à perpète et à crédit (p.40) ». Car les dés sont pipés, et personne de ses amis ne sait encore où elle habite. Mata donne le change, mais cela ne change rien à son quotidien ; en plus, la boîte qui emploie sa mère menace de licencier, un plan social pour mieux délocaliser. Sa mère est mère célibataire, et elle se saigne pour donner à sa fille unique la bonne éducation qui lui permettrait d’avoir une meilleure vie : d’ailleurs, elle ne connaît pas les amis de Mata, elle pense que sa fille a honte de les amener chez elles…


Photo Louis Monnier 06.15.45.87.75
Photo: Philippe Matsas agence opale
La voix de Franca Maï est une voix cassée : cassée par la violence des comportements sociaux, la barbarie de nos sociétés modernes, cassée par cet idéal humaniste qui ne semble jamais pouvoir se réaliser dans le monde des hommes. La voix de Franca Maï est une voix qui fait de l'apnée en milieu brutal.