lundi 31 octobre 2005
QUI SAIT ?
Par franca maï, lundi 31 octobre 2005 à 16:01 :: Société
Qu’est-ce que l’on a à perdre... franchement, lorsque l’on n’a plus rien à perdre ?...
Lorsque la vie est une sempiternelle course à la survie se résumant à ne transpirer que pour tenter de s’alimenter décemment, entre deux jobs fragiles dont on se gausse, car très éloignés de nos aspirations profondes. Des lieux de travail et d’ennui, où tu sais au fond de toi-même que tout un chacun y est interchangeable, exposé brutalement à la comparaison du « moins cher ailleurs ou du plus rentable autre part ».
Il y a cette mélodie lancinante et... cette guitare au début d’un morceau qui grince en hurlant, anticipant la ligne d’un destin qui échappe. La voix se pose, s’accrochant à une ritournelle répétitive qui ondule la boîte crânienne pour mieux endormir la vigilance. Mais la guitare revient, insatiable, stridente, ulcérée, marquant cette fameuse ligne blanche qui se tord à force de lactescence et d’insipidité. Celle-là même que l’on broie avec frénésie pour mieux prendre son envol.
Qui se soucie de Nathalie Ménigon ?
Sa famille, ses proches, ses amis et deux trois pelés en quête d’une justice équitable.
Les intellectuels de ce pays ayant déserté le navire bancal depuis des lustres, trop avides à servir leurs malheureuses petites chroniques dans la soupe indigeste de la presse dite officielle.
La justice de ce pays dort sur ses deux oreilles, bercée par la voix lointaine d’un chanteur au charisme assassin mais néanmoins placardé dans toutes les gares. Il faut souligner que la justice aime la musique car comme dit le vieil adage, elle adoucit les moeurs et qu’elle trouve des circonstances atténuantes au sieur Papon, en l’auréolant de la loi Kouchner. La clémence sirupeuse emprunte des voies insaisissables quelquefois.